Simulateur de bourse Crous : quel échelon, quel montant
Quatre champs, le barème officiel 2026-2027, et le résultat complet : l'échelon, le montant mensuel et annuel, le plafond de revenu à ne pas dépasser et celui qui ferait passer à l'échelon suivant.
L'outil
Simulateur de bourse Crous : calculer son échelon
Les boursiers, échelon 0 bis compris, sont exonérés des frais d'inscription à l'université et de la CVEC. Le calcul reprend le barème 2026-2027 ; il ne remplace pas la notification du Crous, qui seule fait foi.

Les quatre champs, et où trouver les chiffres
Le revenu brut global se lit sur l’avis d’imposition du foyer de rattachement, à la ligne qui porte exactement ce nom. Ce n’est ni le revenu fiscal de référence, ni le net imposable, ni la somme des salaires : c’est une ligne distincte, et se tromper de ligne décale le résultat de plusieurs milliers d’euros. Pour l’année universitaire 2026-2027, c’est l’avis 2025, portant sur les revenus 2024.
Les frères et sœurs à charge se comptent au sens fiscal : ceux qui figurent sur l’avis d’imposition du foyer. Chacun vaut 2 points de charge. Ceux qui sont eux-mêmes dans le supérieur valent 4 points au lieu de 2 — le champ suivant permet de préciser combien, et c’est souvent ce qui fait basculer d’un échelon.
La distance se mesure entre le domicile familial et le lieu d’études, par le trajet le plus court : 0 point sous 30 km, 1 point de 30 à 249 km, 2 points à partir de 250 km. Un étudiant vendéen qui étudie à Nantes gagne donc 1 point ; le même à Paris en gagne 1 également ; il faut viser Toulouse ou Marseille pour en gagner 2.

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Ce que les deux plafonds vous disent vraiment
Le simulateur affiche deux seuils que la plupart des outils passent sous silence. Le plafond de l’échelon obtenu est le revenu au-delà duquel vous basculeriez à l’échelon inférieur. S’en trouver à quelques centaines d’euros signifie qu’une prime exceptionnelle dans le foyer peut coûter plusieurs centaines d’euros de bourse l’année suivante.
Le seuil de l’échelon supérieur indique à l’inverse ce qu’il faudrait pour gagner un cran. Il sert surtout à mesurer l’effet d’un point de charge supplémentaire : quand un frère ou une sœur entre dans le supérieur, la ligne du barème change, et le même revenu peut ouvrir deux échelons de plus.
Ce que le simulateur ne fait pas. Il applique le barème général. Il ne prend pas en compte les situations particulières — étudiant indépendant fiscalement, parent isolé, situation de handicap, pupille de la Nation, étudiant étranger — qui relèvent de règles spécifiques et parfois d’une appréciation du service social.
Il ne remplace pas la notification du Crous, qui seule fait foi, et ne dispense évidemment pas de déposer le dossier social étudiant avant le 31 mai.

Le barème derrière le calcul
Les montants de chaque échelon
| Échelon | Par mois (10 mois) | Sur l'année | Avec maintien l'été |
|---|---|---|---|
| 0 bis | 145,40 € | 1 454 € | 1 745 € |
| 1 | 216,30 € | 2 163 € | 2 596 € |
| 2 | 307,10 € | 3 071 € | 3 685 € |
| 3 | 382,80 € | 3 828 € | 4 594 € |
| 4 | 458,70 € | 4 587 € | 5 504 € |
| 5 | 521,20 € | 5 212 € | 6 254 € |
| 6 | 550,60 € | 5 506 € | 6 607 € |
| 7 | 633,50 € | 6 335 € | 7 602 € |
Connaître son échelon trois mois avant la notification change trois décisions concrètes. Le logement. Savoir qu’on touchera 521 € par mois permet de signer un bail en juin plutôt que d’attendre juillet, au moment où le choix se réduit. C’est la décision la plus rentable que permet une estimation anticipée, parce que le loyer est le premier poste du budget et qu’il se fixe pour un an. Les exonérations d’école. Plusieurs établissements exonèrent tout ou partie de la scolarité à partir d’un certain échelon, avec des seuils qui varient d’une école à l’autre. Cette information se demande au service des admissions, et elle n’a de sens que si l’on connaît déjà son échelon estimé. Elle peut représenter plusieurs milliers d’euros par an. Le volume de travail à côté. Comparer le montant estimé au budget mensuel de la ville visée donne l’écart à combler, et donc le nombre d’heures hebdomadaires nécessaires. Mieux vaut le savoir en mai et chercher un contrat tranquillement qu’en découvrir l’ampleur en octobre.

Ce qu'il faut faire du résultat

Les cas particuliers
Quand le barème général ne s'applique pas
Le simulateur applique le barème commun. Plusieurs situations relèvent de règles distinctes et d’une instruction individuelle par le service social : l’étudiant fiscalement indépendant qui fait sa propre déclaration, celui dont les parents sont séparés — seul le parent qui l’a à charge est pris en compte, avec la pension éventuellement versée —, celui qui est pupille de la Nation, celui qui est en situation de handicap, ou l’étudiant étranger, dont l’éligibilité dépend du titre de séjour et de la durée de résidence.
Deux autres situations méritent d’être connues parce qu’elles s’anticipent. La reprise d’études après une interruption ouvre des droits qui ne sont pas ceux d’un parcours continu. Le changement durable de situation du foyer — perte d’emploi, divorce, décès, départ à la retraite — permet de demander un réexamen sur les revenus actuels plutôt que sur ceux d’il y a deux ans. Cette demande se fait toute l’année, elle n’est pas automatique, et beaucoup de familles qui y auraient droit ne la formulent jamais.

Les cinq confusions qui faussent tous les calculs
Ces cinq confusions expliquent la quasi-totalité des écarts entre une estimation faite à la maison et la notification reçue en juillet. Aucune ne relève d’une subtilité réglementaire : ce sont des erreurs de lecture, sur des documents que tout le monde a sous la main. Les corriger prend dix minutes et déplace parfois deux échelons.
La bourse est versée en dix mensualités, de fin septembre à fin juin, sur le compte bancaire déclaré dans le dossier. Le premier versement est conditionné à deux choses : l’inscription administrative effective dans l’établissement, et la confirmation de l’assiduité. C’est ce dernier point qui provoque le plus de retards — un établissement qui transmet tardivement la liste de ses inscrits décale le versement de ses étudiants d’un mois entier, sans que personne ne puisse y faire grand-chose. L’assiduité n’est pas une formalité. Elle est contrôlée en cours d’année, et une absence prolongée aux cours ou aux examens peut entraîner la suspension des versements, voire la demande de remboursement des sommes déjà perçues. Ce point concerne particulièrement les étudiants qui travaillent beaucoup à côté : le nombre d’heures n’est pas en cause, l’absence aux examens l’est. En cas d’interruption d’études en cours d’année, le versement s’arrête le mois suivant, et les sommes correspondant aux mois non étudiés sont réclamées. Une réorientation déclarée dans les délais, en revanche, permet généralement de conserver le bénéfice de la bourse sur la nouvelle formation, à condition qu’elle soit habilitée.

Comment et quand l'argent arrive réellement
Combien de temps
La durée des droits, et ce qui la consomme
Les droits à bourse ne sont pas illimités : ils se comptent en nombre de droits ouverts sur l’ensemble des études supérieures, avec des plafonds par cycle. Redoubler consomme un droit ; se réorienter en consomme un aussi, sauf dans certaines situations de réorientation précoce. Ce compteur n’apparaît nulle part de façon évidente, et beaucoup d’étudiants découvrent en troisième année qu’ils arrivent au bout.
Conséquence pratique : une réorientation se décide d’autant plus vite qu’elle coûte un droit. Changer de filière en novembre de la première année est presque toujours moins coûteux, au sens du compteur comme au sens du moral, que tenir une année entière dans une formation qui ne convient pas. Le service d’orientation de l’établissement est l’interlocuteur pour vérifier où l’on en est avant de décider.
